Archives de catégorie : Histoire

Contact avec Stéphanie Gould

J’avais eu la surprise de recevoir un commentaire de Stéphanie Gould, fille de Howard Jay.

Nous avons échangé plusieurs messages, dont l’ai le plaisir de reproduire quelques extraits.

C’est par hasard que je suis « tombée » sur votre site bien documenté et très intéressant et c’est avec plaisir que je vous communiquerai les éléments en ma possession, mais ils sont bien maigres. Mon grand-père a effectivement habité « le petit manoir » où lui et ma grand-mère élevaient ses quatre fils, deux d’un premier mariage (George et Maughan) et deux du second (Howard, mon père et Patrick). Il possédait également une maison aux USA, dans le Maine, à Camden. C’est sans doute là qu’il a connu les Luders16. (…)

geaorge-jay-gould-1935

Je vous adresse en pièces jointes des photos prises sur le Léman, mais qui me semblent antérieures à 1937, vu l’âge des garçons. Sur celle qui est prise de près, on distingue mon grand-père, à gauche son fils aîné George, à droite Maughan et au milieu, mon père Howard.

A noter : il semble – au vu des autres photos – que le voilier était un 20 m² Encouragements. Il y a aussi une photo d’un canot automobile, peut-être Silver Wings 3 ?

Au plaisir, Stéphanie, de poursuivre nos échanges !

C’est aussi une chanson…

… de 1969, par Merle Haggard & The Strangers, dans l’album Okie from Muskogee.

Silver wings shining in the sunlight
Roaring engines headed somewhere in flight
They’re taking you away, leaving me lonely
Silver wings slowly fading out of sight

Don’t leave me I cry
Don’t take that airplane ride
But you locked me out of your mind
And left me standing here behind

Perso je préfère la version studio, par exemple ici

George Jay Gould II (1896-1963), premier patron de Silver Wings

J’avais fait l’hypothèse que George Jay Gould II était le premier propriétaire de Silver Wings. Une visite aux Archives départementales de Haute-Savoie, à Annecy, m’a permis de lever le doute.

Je savais :

  • Par Bob Walstrom, que le bateau avait été acheté par George Gould aux chantier Luders en 1937,
  • et par les bulletin de la Société nautique du Léman français (SNLF) que Jay Gould, habitant le Petit Manoir à Maxilly-sur-Léman, en était le propriétaire.

La consultation du « cadastre rénové » (cote 3 P 3 art. 1088) m’a permis de confirmer que Georges Jay Gould a été le propriétaire du Petit Manoir de 1930 à 1952, ce qui renforce l’hypothèse que George Jay Gould II était le patron de Silver Wings.

Cette quasi-certitude est confirmée par l’actuelle propriétaire de « Petit manoir » qui m’écrit : « notre voisin, qui a maintenant 80 ans, a connu M. Gould et sa famille avant guerre. Nous savons seulement que la famille Gould est une famille d’industriels liée au chemin de fer des État Unis. » : plus de doute, c’est bien lui !

Voici l’état de mes recherches sur George Jay Gould II

  • George Jay Gould II est né le 28 mars 1896 à New York. Il est le 5ème enfant de George Jay Gould I (1864-1923) et de l’actrice Edith M. Kingdon (1864–1921).
  • George Jay épouse Laura M Carter (1895,-) en 1917 à Philadelphie. Ils ont deux enfants : George Jay Jr (1918,-) et Maughan (1920,-).
  • Ils divorcent en 1923. Un article haut en couleur du Palm Beach Post (1925) raconte comment Laura Gould a passé la nuit au Casino du « Toquet » et a gagné 10 000 $ « pour élever ses bébés ».
  • le 15 novembre 1927 (à Vaucressson), George Jay Gould épouse Marie-Louise Jacqueline VIAL, née le 28 octobre 1896 à Claveisolles (Rhône).
  • Howard Jay (1928, -) naît à Lausanne un an plus tard , la famille habite alors à Vaucresson.
  • En 1930, ils achètent (ou font construire ?) le « Petit Manoir » à Maxilly-sur-Léman. C’est une propriété au bord du lac, à l’embouchure du ruisseau de Coppy, dotée d’un « port jetée », aujourd’hui maison d’hôtes.
  • Patrick (1931, -) naît également à Lausanne.
  • La famille revient de temps en temps aux États Unis, comme en attestent des listes de passagers de paquebots en provenance de Cherbourg (et le 8 juillet 1940, toute la famille débarque à New York, en provenance de Rio de Janeiro).
  • Geroge Jay achète Silver Wings en 1937, le bateau est livré en gare d’Évian en 1938.
  • Ils cèdent le Petit Manoir en 1952 à un ingénieur résidant en Algérie.
  • George décède le 7 juin 1963 à Paris XVI°, et laisse Marie Louise veuve. L’acte de décès établi par le consulat des États Unis est également envoyé à ses 4 fils : George Jay Gould Jr à Greenwich (Connecticut), Maughan Carter Gould à Washington DC, Howard Jay Gould à Nice et Patrick Gould à Paris.

Avis de recherche : Est-ce que des descendants de Howard Jay et Patrick se souviennent ? Je vous remercie de me contacter.

Des photos de Silver Wings en navigation

Sylvie Dauvet Grangeon a réagi à l’actu postée sur Facebook, et nous a transmis quelques très belles photos de Siver Wing, en navigation dans les années 50-60.

Et voici son commentaire :

« Le Silver Wings à l’époque des Fabre, il faisait toutes les régates de la baie et très souvent les gagnait. J’ai aussi navigué dessus quand j’avais 6-8 ans, en particulier les 6 heures de Nernier. »

Silver-wings-1

Silver-wings-2

Silver-wings-3

Silver-wings-5

A noter :

  • Le génois est tangonné au portant avec la pagaie du bord …
  • La coque est peinte en blanc, ce qui masque les magnifiques bordés en white cedar,
  • Le liston très fin rehausse la ligne, et sert de cale-pied, plus tard on verra des mains courantes à plat-pont,
  • Le génois est à très fort recouvrement, 200 % ?
  • Il n’y a pas de trou d’homme sur la plage avant,
  • La marque « L 16 » est conforme au design des années 40.

Voilà autant de détails qui vont guider la restauration de Silver Wings. Merci Sylvie !

Qui est Jay Gould, premier propriétaire de Silver Wing(s) en 1937 ?

Ca n’a qu’une importance relative, mais je suis curieux de savoir ce qui a conduit Silver Wings à naviguer sur le Léman en 1938, et est donc sans aucun doute le seul exemplaire de Luders 16 en bordés classiques à naviguer en Europe …

Émile Clerc m’indique que le bateau est arrivé en gare d’Évian en 1938. C’est cohérent avec l’information de Bob Walstrom, qui indique que la coque n°421 L-16 #13 a été construite vers 1937, et livrée à George Gould.

Les archives de la Société Nautique du Léman Français (Thonon) de 1938 à 1946 indiquent que Silver Wings est la propriété de Jay Gould, qui habite le Petit Manoir à F-74 Maxilly-sur-Léman, qui rejoint le conseil de la SNLF en 1938.

La liste des voiliers du Léman en 1946, établie par la Société nautique de Genève, confirme que Silver Wings (avec un s) est la propriété de Jay Gould, et est basé à Tourronde (Lugrin).

Jay ? Pas George ?

Des « Jay Gould », il y en a pas mal ! C’est en effet le nom du patriarche Jason « Jay » Gould (1836-1892), qui a fait fortune en développant les chemins de fer aux États Unis. Et c’est aussi, les étasuniens adorent ça, le nom de beaucoup de ses descendant.

George Jay Gould I (1864–décédé à Cap Martin en 1923, aîné de Jason). Il ne peut donc pas avoir commandé le Luders 16 en 1937… Mais sa descendance est intéressante. D’un premier mariage en 1886 avec l’actrice Edith Maughan Kingdom (1864-1921) il eu 5 enfants dont :

  • Jay Gould II (1888–1935), tennisman marié à Anne Douglass Graham, 3 enfants, dont Jay Gould III (1920-1987), lieutenant dans la Navy pendant la guerre, puis vit sur le côte ouest des Etats Unis.
  • George Jay Gould II (1896-?) marié à Laura Carter, puis à Marie-Louise Vial. Il est notre « candidat » le plus sérieux, Voir plus loin l’état de mes recherches.

George Jay Gould I a également reconnu 3 enfants de sa maîtresse Guinevere Jeanne Sinclair avec laquelle il se marie en 1922, dont George Sinclair Gould. Un autre George …

Frank Jay Gould (1877– décédé en 1956 à Juan les Pins), est le fils cadet de Jason. Frank est arrivé en France en 1913, il est connu pour avoir construit pas mal d’hôtels et de casinos (Granville, Maisons-Laffitte, Bagnoles-de-l’Orne, Juan-les-Pins, mais pas Thoron ni Évian …). Il aurait eu une fille de son premier mariage avec Helen Kelly. Il a constitué avec sa troisième épouse Florence La Caze(1895–1983) une impressionnante collection d’art.

[Edit février 2015] : j’ai maintenant la preuve que George Jay Gould II est le propriétaire de Silver Wings.

Qu’est-ce qu’un Luders 16 ?

C’est un bien joli bateau … dessiné par Alfred Edfward « Bill » Luders et son père Bill en 1933.

On se reportera à un article très documenté de Bob Wellstrom, publié dans Wooden Boats Magazine n° 177 (avril 2004). Bob à travaillé pendant 3 ans au chantier Luders et a été un ami personnel de Bill Luders. Il prépare un livre sur l’histoire de Luders.

« For the Luders Marine Construction Company of Stamford, CT, an order for 10 boats to a new design from Fishers Island Yacht Club, New York, couldn’t have come at a better time.

The Great Depression of the 1930s had plunged America into hard economic times and the firm was suffering. The Luders 16, as the new design became known, however, provided not only much-needed work, but also became one of the company’s bestsellers.

Luders 16Designed by AE (Bill) Luders, the new one-design was developed for use by Fishers Island YC’s junior sailors to give them a bigger and more challenging boat to move up to.

It was similar in design to a 6-Metre, featuring long, elegant overhangs, an attractive sheer, fin keel and a tall, narrow rig. Planked in 5/8in white cedar on steamed oak timbers, the 26ft (8m) L-16 also included very basic accommodation.

By 1938, 14 had been launched and were racing to great success, but in September of that year, disaster struck: a Category 5 hurricane hit the New England coast, destroying or damaging 57,000 homes and 2,600 boats. Only three L-16s survived, and even these were not totally unscathed.

The advent of World War II halted the class further, and although a new boat was launched in 1939, it wasn’t until 1944 that the class began to reform.

The interruption of World War II did, however, have a positive effect in that new construction techniques honed during this time helped reincarnate the design.

During the war, Luders Marine produced 18ft (5.5m) airborne lifeboats, which were hot-moulded in construction and, following a small redesign, the L-16s were built using this method, too.

The new boats were 4in (10cm) longer overall, had an inch more freeboard and were of a lighter displacement, with double-diagonal hulls built of five 1/8in mahogany laminations, glued with resorcinol. Initially they were designed with a long coachroof and three port lights, but it was eventually shortened to improve the cockpit size.

Interestingly, despite Luders Marine’s obvious skill at hot-moulding, the hulls were built by two sub-contractors, US Plywood of Long Island and Allied Aviation of Cockeysville, who between them built 150, while they were fitted out by Luders Marine. In 1945, some were also fitted out by South Coast Company at Newport Beach, which also helped promote the class.

The class became an instant hit, and, marketed as “hot racers for the common man”, fleets were soon established at Chicago, Newport Beach, New Orleans and Bermuda. Of these, it is the Chicago Yacht Club’s fleet that has proved the most enduring, as it has raced continuously since 1945, and today has 12 boats, five of which regularly race.

Designed for juniors to sail, the L-16 offers both exhilaration and a stable learning platform. With its long hull, relatively narrow beam, 2/3 fractional bermudan rig and 180 per cent genoa, crewing a L-16 has been described like “sailing on a needle”, and according to fleet archivist Bill Simpson, “it takes very little wind to begin heeling the boat.

In 15 knots you will be heeled 25-30 degrees, but it is not unusual to ‘bury’ the inclinometer, which stops measuring at 45 degrees!” However, although initially tender, the 1,600lb lead keel makes them inherently stable, so knockdowns are rare.

Like many classes of its era, the L-16 saw its heyday in the 1960s when 20 boats were regularly seen on the startline. By this time, GRP hulls had infiltrated the class and, although Luders Marine built the first two, they ceased production in 1959, and it was taken over by Easterly Yachts, Midwest Marine and Continental Plastics.

In 1986, four more were built in Bermuda, and there are plans, if enough interest can be generated, to build more in Maine.

Luders 16

Original name

The class was initially called the Fishers Island L-Class, before being renamed the Luders 16. ‘Luders’ refers to the class’s designer AE (Bill) Luders and ‘16’ to the design’s waterline length.

Vital Statistics

  • LOA: 26ft 4in (8m)
  • LWL: 16ft 4in (5m)
  • Beam: 5ft 9in (1.8m)
  • Draught: 4ft (1.2m)
  • Disp: 2,950lb (1.338kg)
  • Sail area: 207sqft (19.2m2)
  • Designer:  AE (Bill) Luders »

(Source : Classic Boats magazine)