Une nouvelle quille pour Silver Wings

Je l’avais annoncé fin 2014, la quille – largement mûre – doit être remplacée. J’avais aussi indiqué « au printemps 2015″… En réalité, une année est passée et l’opération s’est finalement déroulée cette dernière semaine.

La quille est réalisée en 3 plis de chêne lamellés-collés, avec un triple scarf à « tiers-bois » depuis l’emplanture de mat jusqu’au tableau arrière. 33 mm d’épaisseur au dessus du bois mort qui sert également de fond de râblure, 20 mm pour la voûte au delà du tube jaumière. Les bordés sont collés-vissés époxy sur la voûte arrière.

Cliquer sur la photo pour faire avancer le diaporama.


Merci Jean-François A pour tes conseils et ton aide précieuse.

Prochaine étape : Il faudra réparer le tableau arrière au travers duquel nous avons glissé les deux plis principaux de 4,70 m. La courbure de la liaison avec le bois mort et la feuillure de râblure devront être ajustées pour poser les nouveaux galbords. J’espère fermer la coque cette année.

Contact avec Stéphanie Gould

J’avais eu la surprise de recevoir un commentaire de Stéphanie Gould, fille de Howard Jay.

Nous avons échangé plusieurs messages, dont l’ai le plaisir de reproduire quelques extraits.

C’est par hasard que je suis « tombée » sur votre site bien documenté et très intéressant et c’est avec plaisir que je vous communiquerai les éléments en ma possession, mais ils sont bien maigres. Mon grand-père a effectivement habité « le petit manoir » où lui et ma grand-mère élevaient ses quatre fils, deux d’un premier mariage (George et Maughan) et deux du second (Howard, mon père et Patrick). Il possédait également une maison aux USA, dans le Maine, à Camden. C’est sans doute là qu’il a connu les Luders16. (…)

geaorge-jay-gould-1935

Je vous adresse en pièces jointes des photos prises sur le Léman, mais qui me semblent antérieures à 1937, vu l’âge des garçons. Sur celle qui est prise de près, on distingue mon grand-père, à gauche son fils aîné George, à droite Maughan et au milieu, mon père Howard.

A noter : il semble – au vu des autres photos – que le voilier était un 20 m² Encouragements. Il y a aussi une photo d’un canot automobile, peut-être Silver Wings 3 ?

Au plaisir, Stéphanie, de poursuivre nos échanges !

C’est aussi une chanson…

… de 1969, par Merle Haggard & The Strangers, dans l’album Okie from Muskogee.

Silver wings shining in the sunlight
Roaring engines headed somewhere in flight
They’re taking you away, leaving me lonely
Silver wings slowly fading out of sight

Don’t leave me I cry
Don’t take that airplane ride
But I you did not lock me out of your mind
But left me standing here behind

Perso je préfère la version studio, par exemple ici

George Jay Gould II (1896-1963), premier patron de Silver Wings

J’avais fait l’hypothèse que George Jay Gould II était le premier propriétaire de Silver Wings. Une visite aux Archives départementales de Haute-Savoie, à Annecy, m’a permis de lever le doute.

Je savais :

  • Par Bob Walstrom, que le bateau avait été acheté par George Gould aux chantier Luders en 1937,
  • et par les bulletin de la Société nautique du Léman français (SNLF) que Jay Gould, habitant le Petit Manoir à Maxilly-sur-Léman, en était le propriétaire.

La consultation du « cadastre rénové » (cote 3 P 3 art. 1088) m’a permis de confirmer que Georges Jay Gould a été le propriétaire du Petit Manoir de 1930 à 1952, ce qui renforce l’hypothèse que George Jay Gould II était le patron de Silver Wings.

Cette quasi-certitude est confirmée par l’actuelle propriétaire de « Petit manoir » qui m’écrit : « notre voisin, qui a maintenant 80 ans, a connu M. Gould et sa famille avant guerre. Nous savons seulement que la famille Gould est une famille d’industriels liée au chemin de fer des État Unis. » : plus de doute, c’est bien lui !

Voici l’état de mes recherches sur George Jay Gould II

  • George Jay Gould II est né le 28 mars 1896 à New York. Il est le 5ème enfant de George Jay Gould I (1864-1923) et de l’actrice Edith M. Kingdon (1864–1921).
  • George Jay épouse Laura M Carter (1895,-) en 1917 à Philadelphie. Ils ont deux enfants : George Jay Jr (1918,-) et Maughan (1920,-).
  • Ils divorcent en 1923. Un article haut en couleur du Palm Beach Post (1925) raconte comment Laura Gould a passé la nuit au Casino du « Toquet » et a gagné 10 000 $ « pour élever ses bébés ».
  • le 15 novembre 1927 (à Vaucressson), George Jay Gould épouse Marie-Louise Jacqueline VIAL, née le 28 octobre 1896 à Claveisolles (Rhône).
  • Howard Jay (1928, -) naît à Lausanne un an plus tard , la famille habite alors à Vaucresson.
  • En 1930, ils achètent (ou font construire ?) le « Petit Manoir » à Maxilly-sur-Léman. C’est une propriété au bord du lac, à l’embouchure du ruisseau de Coppy, dotée d’un « port jetée », aujourd’hui maison d’hôtes.
  • Patrick (1931, -) naît également à Lausanne.
  • La famille revient de temps en temps aux États Unis, comme en attestent des listes de passagers de paquebots en provenance de Cherbourg (et le 8 juillet 1940, toute la famille débarque à New York, en provenance de Rio de Janeiro).
  • Geroge Jay achète Silver Wings en 1937, le bateau est livré en gare d’Évian en 1938.
  • Ils cèdent le Petit Manoir en 1952 à un ingénieur résidant en Algérie.
  • George décède le 7 juin 1963 à Paris XVI°, et laisse Marie Louise veuve. L’acte de décès établi par le consulat des États Unis est également envoyé à ses 4 fils : George Jay Gould Jr à Greenwich (Connecticut), Maughan Carter Gould à Washington DC, Howard Jay Gould à Nice et Patrick Gould à Paris.

Avis de recherche : Est-ce que des descendants de Howard Jay et Patrick se souviennent ? Je vous remercie de me contacter.

Des photos de Silver Wings en navigation

Sylvie Dauvet Grangeon a réagi à l’actu postée sur Facebook, et nous a transmis quelques très belles photos de Siver Wing, en navigation dans les années 50-60.

Et voici son commentaire :

« Le Silver Wings à l’époque des Fabre, il faisait toutes les régates de la baie et très souvent les gagnait. J’ai aussi navigué dessus quand j’avais 6-8 ans, en particulier les 6 heures de Nernier. »

Silver-wings-1

Silver-wings-2

Silver-wings-3

Silver-wings-5

A noter :

  • Le génois est tangonné au portant avec la pagaie du bord …
  • La coque est peinte en blanc, ce qui masque les magnifiques bordés en white cedar,
  • Le liston très fin rehausse la ligne, et sert de cale-pied, plus tard on verra des mains courantes à plat-pont,
  • Le génois est à très fort recouvrement, 200 % ?
  • Il n’y a pas de trou d’homme sur la plage avant,
  • La marque « L 16 » est conforme au design des années 40.

Voilà autant de détails qui vont guider la restauration de Silver Wings. Merci Sylvie !

Retourner le bateau #2 – Le grand jour

1er novembre 2014, c’est le grand jour. Eric, Jean-François, Jean-François, Olivier, Yannick et Yves sont venus m’aider pour déquiller et retourner Silver Wings, à l’AVAL. Après avoir transféré le 15m SNS d’Eric sur son ber, les choses sérieuses 🙂 peuvent commencer.

Malgré un fastidieux travail préparatoire pour enlever les vis et boulons qui pourraient gêner la descente du lest, il faudra jouer de la scie cloche, de la scie sabre et même du pied de biche pour dégager le bois-mort et le lest. 1,5 mètre de quille – bien « mûre » – est sacrifié, ce qui donnera à la « cathédrale » un air de moulin de tous vents.

L’idée du triple cadre était judicieuse : le retournement a été effectué en toute sécurité en moins de 45 minutes, en tractant au palan un coin du cadre central.

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Merci mes amis pour votre aide précieuse !

Prochaine étape : remplacer la quille, au printemps 2015.

Retourner le bateau #1 – Préparatifs

Afin de travailler plus à l’aise sur la quille et les galbords, je vais déquiller et retourner le bateau.

Déquiller ne devrait pas être un problème : les boulons en bronze se dévissent sans difficulté. Nous verrons bien si les boulons glisseront dans les perçages de la quille et des bois morts.

Pour le retournement, les constructeurs amateurs prévoient des couples temporaires qui facilitent le retournement, comme par exemple (merci JF) :

Retournement bateauAndrei Rochian dans Yacht Club Classique

Par Andrei Rochian dans Yacht Club Classique

Le souci c’est que le Silver Wings n’a aucune rigidité structurelle, car il n’y a ni pont ni cloison pour le maintenir en forme. Je redoute que le bateau ne s’écrase lors du levage ou du retournement. C’est encore la construction amateur qui me suggère de réaliser des cadres autour du bateau pour le retourner :

Retournement bateau - lebateauenchantier

Par Lebateauenchantier

Par prudence, je prévois 3 cadres, le cadre central au maître bau. Ils sont réalisés en poteaux sapin de 10 x 8 cm, sciés par François Jorat à Douvaine. Merci à JF pour le transport et à Jean-Guy pour le déchargement !

Voici le schéma retenu pour la construction des cadres  …

Schema des cadres… et le bois nécessaire (0,8 m³ quand même …). Les 2 longueurs de 6m à gauche serviront pour poser les cadres sur un ber, une fois le bateau retourné :

Bois pour les cadresLa construction des renforts internes peut commencer in situ, les cadres et renforts externes seront posés après que le lest aura été déposé.

Est-ce une cathédrale ? Passez votre souris sur la photo pour le savoir !

Et vu de dessus :
cadres vus de dessus

Silver Wings n’est plus seule au monde #3 – Winsom Lady / Thomas Russell, 3rd

Kandi Sanger me l’avais suggéré : Thomas Russell était le propriétaire du Luders 16 #1 en 1965.

J’en retrouve la confirmation dans un article du « The Day – 25 août 1965 » qui relate les régates autour de Fisher Isand à l’occasion du vingtième anniversaire du Ram Island Yacht Club.

Voici l’extrait de l’article, qui indique que le Luders 16 portant le n° de voile #1, appartenant à Thomas Russell, 3rd, de Stonington,  a démâté dans une brise de 20 nœuds.

Winsom Landy - Luders 16 - 1965Une recherche complémentaire s’impose !

Silver Wings n’est plus seule au monde ! #2 – Cymbidium, Luders 16

Cymbidium Luders 16 #5 - 1934J’avais rapporté dans cet article la correspondance avec William (Bill) F. Simpson du Field Museum de Chicago qui m’indiquait avoir connaissance d’un autre Luders 16 en bordés classiques.

Je découvre aujourd’hui un article de la gazette « L16 news » de 1965 qui rapporte que la coque n° 5 (construite en 1934) a été retrouvée (en 1964) et restaurée par Peter D. Sanger, vice-commodore du Fisher’s Island Yacht Club. Son nom est Cymbidium, est-elle toujours à flot ?

La photo ci-dessus illustre l’article. On reconnait bien l’avant anguleux du roof court d’un Luders 16 « classique ». L’autre rescapé (vu en 1987) avait un roof long.

[Edit 18/8/14] : Je viens de recevoir un mail de Kandi Sanguer, veuve de Peter (décédé dans un accident d’avion en 1986 à Fischer Island). Ils ont vendu Cymbidium en 1968 à un chantier de Groton, CT (Shennecossett Yacht Club ?).
Elle indique également : « Tom Russell est le propriétaire du Luders 16 #1 ».

La coque #1 a effectivement survécu, avec la #5 et la #8, à l’ouragan de 1938 qui a décimé la flotte. Incroyable, il y  aurait donc encore un autre survivant ? A suivre

Au registre des caractéristiques, il est intéressant dans cet article de lire le commentaire de A.E. Luders Jr. :

« La différence entre les anciens et les nouveaux bateaux est que nous avons modifié très légèrement le livet, modifié l’angle du tableau arrière, et modifié la courbure de l’étrave. Les formes de la coque sous la flottaison sont exactement les mêmes. Grâce à leur construction plus légère, les bateaux moulés ont vu leur lest augmenté de 50 Lbs (23 kg). »